Visite de la nouvelle bibliothèque de Xi’an, la "Silk Road International Library" (SRILA)
par Tjhoi Ng Sauw pour Chinavandaag/FB, le 20 novembre 2025
Le bâtiment fait partie du Centre sportif olympique de Xi’an et comprend plusieurs installations, dont une bibliothèque et une galerie d’art. L’ensemble couvre une superficie d’environ 157 000 m², répartie sur quatre bâtiments distincts mais interconnectés. Cette bibliothèque qui abrite 1,5 million d’ouvrages s’inscrit dans un projet plus vaste : l’Initiative “la Ceinture et la Route” (BRI).

L’Alliance internationale des bibliothèques de la Route de la Soie (SRILA)
Parmi les nombreux programmes culturels associés à la BRI, l’Alliance internationale des bibliothèques de la Route de la Soie (SRILA) figure parmi les plus récents. Son objectif est de tisser des liens et de renforcer la coopération entre les bibliothèques des pays membres de l’initiative.
L’alliance n’en est encore qu’à une phase embryonnaire, mais elle pourrait devenir à terme l’une des plus vastes alliances de bibliothèques au monde. Les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient particulièrement bénéficier de cette coopération, encore à ses débuts.
Les racines de la Route de la Soie
Les origines de la Route de la Soie remontent à 130 av. J.-C., sous la dynastie Han, lorsque les échanges avec l’Occident commencèrent officiellement.
Au Ier et IIᵉ siècle av. J.-C., les échanges entre la Chine et la Grèce antique gagnèrent en importance. Mais la Route de la Soie n’était pas qu’un simple axe commercial : c’était un vaste réseau d’échanges où circulaient textiles, métaux précieux, épices, technologies et biens culturels sur plus de 16 000 kilomètres.
Cette route fut cruciale pour l’économie d’empires tels que Rome ou le Kushan, et permit la naissance de villes commerçantes florissantes tout au long de son tracé.
Un vecteur d’échanges culturels et technologiques
Au-delà du commerce, la Route de la Soie fut un canal majeur de communication interculturelle.
Elle facilita la circulation des idées, des croyances et des inspirations artistiques. Les grandes religions — bouddhisme, christianisme, islam — y trouvèrent un vecteur de diffusion.
De nombreuses innovations technologiques empruntèrent également cette voie : la fabrication du verre et certaines techniques agricoles occidentales voyagèrent vers l’Est, tandis que le papier, l’imprimerie et la poudre à canon prirent la direction de l’Ouest.
Ces échanges intellectuels eurent un impact considérable sur les progrès scientifiques et culturels mondiaux.
La décadence de la Route de la Soie s’explique par des facteurs tels que les troubles politiques, les conflits militaires, la propagation des maladies, la montée des routes maritimes, les invasions mongoles et la fermeture du commerce avec la Chine par l’Empire ottoman en 1453.
Malgré cela, son héritage technologique, culturel et économique a profondément marqué les civilisations.

De la Route de la Soie à l’Initiative “la Ceinture et la Route”
Le concept de “Route de la Soie” a été réactivé à l’époque contemporaine par le gouvernement chinois à travers le projet “One Belt, One Road” ou “Belt and Road Initiative” (BRI).
Lancée en 2013 par le président Xi Jinping, cette initiative vise à raviver les anciens réseaux d’échanges en les adaptant au XXIᵉ siècle.
Elle a pour objectif de renforcer les liens économiques, culturels et politiques à travers la construction d’infrastructures, la coopération commerciale et la diplomatie culturelle.
Avec plus de 150 pays participants, la BRI entend transformer les relations internationales et favoriser une interconnexion mondiale accrue.
Les deux dimensions de la BRI
Le projet comprend :
- la “Ceinture” (Belt), correspondant aux corridors terrestres ;
- la “Route” (Road), correspondant aux voies maritimes.
Contrairement à l’ancienne Route de la Soie, essentiellement terrestre, la BRI cherche à constituer un réseau global reliant l’Asie, l’Europe, l’Afrique et même l’Amérique.
Une part essentielle du projet concerne le développement d’infrastructures : ports, pipelines, lignes ferroviaires et routes. Ces investissements visent à réduire les coûts de transport, stimuler la croissance économique et accroître la connectivité entre les pays.
Même l’aide chinoise dans le cadre du BRI a permis la création ou la modernisation de bibliothèques, notamment en Afrique.
En favorisant les échanges commerciaux et les investissements, la BRI veut créer une situation gagnant-gagnant, profitant à la fois aux pays industrialisés et aux nations en développement.

Une dimension culturelle affirmée
Outre les intérêts économiques, la BRI accorde une grande importance à la coopération culturelle.
Elle encourage le partage des traditions, des idées et des valeurs, contribuant ainsi à la diversité culturelle mondiale.
Lors du Troisième Forum “Belt and Road” pour la coopération internationale (17–19 octobre 2023), le président Xi Jinping a défini huit axes d’action :
- Développer un réseau de connexions globales ;
- Promouvoir une économie mondiale ouverte ;
- Renforcer la coopération concrète ;
- Soutenir le développement vert ;
- Mettre l’accent sur l’innovation scientifique et technologique ;
- Favoriser les échanges entre les peuples ;
- Promouvoir une coopération éthique ;
- Améliorer la gouvernance institutionnelle de la BRI.
Dans le sixième axe, l’interaction entre les peuples occupe une place clé.
C’est dans cette logique que la Chine a créé plusieurs structures culturelles :
- la Ligue internationale des théâtres de la Route de la Soie,
- le Festival international des arts de la Route de la Soie,
- l’Alliance internationale des musées de la Route de la Soie,
- l’Alliance internationale des musées d’art de la Route de la Soie,
- et enfin, l’Alliance internationale des bibliothèques de la Route de la Soie (SRILA).
À cela s’ajoutent le programme de bourses “Silk Road” pour étudiants étrangers et l’Alliance internationale du tourisme des villes de la Route de la Soie.

L’Alliance internationale des bibliothèques de la Route de la Soie (SRILA)
Fondée le 28 mai 2018, la SRILA est placée sous la direction de la Bibliothèque nationale de Chine (NLC), avec le soutien du ministère chinois de la Culture et du Tourisme.
C’est une organisation ouverte, non gouvernementale et à but non lucratif, visant à promouvoir la coopération mondiale entre bibliothèques.
La NLC en assure le secrétariat général. En janvier 2024, l’alliance comptait 42 membres : 4 institutions chinoises et 38 bibliothèques étrangères issues de pays membres de la BRI.
Parmi elles :
- 8 bibliothèques de pays à haut revenu,
- 3 de pays à faible revenu,
- 16 de pays à revenu intermédiaire inférieur,
- 15 de pays à revenu intermédiaire supérieur.
Par région :
- 13 bibliothèques d’Asie de l’Est et du Pacifique,
- 16 d’Europe et d’Asie centrale,
- 2 d’Amérique latine et des Caraïbes,
- 7 du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord,
- 3 d’Asie du Sud,
- et une seule d’Afrique subsaharienne.
Depuis sa création, la SRILA a organisé plusieurs forums et conférences pour débattre de politiques culturelles et de coopération.
Le premier forum, tenu à Hangzhou le 28 mai 2018, avait pour but de favoriser la collaboration entre bibliothèques situées le long de la Route de la Soie.
Depuis, d’autres rencontres ont permis d’élaborer un plan d’action et d’aborder diverses questions relatives à la coopération culturelle internationale.























